Saint Mary

Approfondir.


Aux sources du christianisme en Haute Auvergne

 

Saint M.

Gros plan sur les textes

L'ouvrage commence par la traduction de deux passages de la Vie de saint Austremoine (manuscrit du Xe siècle), dans laquelle Mary (Marius) est mentionné pour la première fois.

Puis vient la Vie de saint Mary (Vita sancti Marii), texte contenu dans un manuscrit du XIIe ou XIIe siècle et rédigé probablement au XIIe siècle.Celui-ci contient en fait deux parties :

- le récit de la vie du saint, avec, en réalité, assez peu de détails circonstanciés.

- le rappel des miracles survenus lors du transfert des reliques du saint (entre 950 et 1050) de Saint-Mary-le-Cros à Mauriac, puis ceux survenus auprès de ces reliques désormais conservées au monastère de Mauriac.

Jusqu'ici, le texte (rédigé en latin) était disponible seulement dans l'édition publiée à la fin du XVIIe siècle par des savants jésuites (les Bollandistes), alors basés à Anvers. C'est le Bollandiste Daniel van Papenbroeck qui s'est chargé de publier et de commenter (toujours en latin) le texte.C'est cette édition qui a servi de base à notre publication, mais il est apparu, après vérification du texte dans le manuscrit aujourd'hui conservé à Clermont, que celle-ci contenait des erreurs : en fait, le jésuite Papenbroeck avait travaillé d'après une copie qu'on lui avait transmise et qui était imparfaite. Notre traduction rétablit donc le texte originel.

Comme le manuscrit comprend également l'office chanté autrefois par les moines mauriacois en l'honneur de saint Mary, il a paru utile de donner également sa traduction.

En annexe : deux textes du XVIIe siècle

Comme Daniel van Papenbroeck s'inspirait des données géographiques fournies par le Père Jacques Branche, lequel s'inspire allégrement des travaux du Père Dominique de Jésus, nous donnons ces ouvrages en annexe du fascicule. S'ils ne contiennent aucun détail nouveau sur la vie du saint (à l'exception de la mention d'une naissance noble), ils témoignent du regard sur le saint au XVIIe siècle et donnent quelques détails sur des miracles survenus au XVIe siècle, ainsi que sur des cérémonies célébrées en l'honneur du saint au XVIIe siècle.

Jacques Branche, sur saint Mary : page 1.        Dominique de Jésus, sur saint Mary : couverture.

L'évolution de la vision de l'Eglise

Le Bollandiste Daniel van Papenbroeck évoquait le bréviaire clermontois du début du XVIe siècle, le bréviaire étant le livre des prières récitées chaque jour et célébrant la mémoire des saints : saint Mary était fêté le 8 juin.

Aussi avons-nous mené une recherche dans ce domaine, le but premier étant de savoir si la Vita était à la source de tout ou si les bréviaires contenaient des renseignements divergents ou inédits sur le saint.

Bréviaire du XVe siècle.        Bréviaire imprimé du XVIe siècle.

Rien de nouveau en fait n'est apparu. En revanche, à la lecture des bréviaires clermontois puis sanflorains (manuscrits aux XIVe et XVe siècles, puis imprimés jusqu'à nos jours), il est que le regard officiel de l'Eglise sur le saint avait varié, l'accent étant mis sur certains aspects selon les lieux et les époques : par exemple, l'on insistait sur l'ermite ou au contraire sur l'évangélisateur. Outre les bréviaires diocésains, ceux des institutions indépendantes (Aurillac, Mauriac, Brioude) ont également été consultés.

Au total, ces lectures ont donc donné un lieu à un chapitre sur l'évolution du regard de l'Eglise sur le saint, lequel peut ensuite est mis en perspective avec ce qu'en disait la piété populaire.

Ce chapitre a bénéficié de l'aide du chanoine Philippe Dupuy, chancelier du diocèse de Saint-Flour, qui a lui-même dirigé la dernière refonte de ce que l'on appelle aujourd'hui le livre des heures, successeur du bréviaire. Désormais, saint Mary est fêté le 9 juin et non plus le 8 (pour laisser place au saint cantalien Jacques Berthieu), de manière facultative pour l'ensemble du diocèse, mais obligatoire dans les lieux concernés par le saint. En revanche, il a disparu du livre clermontois au début du XXe siècle.

Ethnographie et localisation

Coffre reliquaire.

Pierre Moulier a travaillé sur le culte, l'iconographie et la statuaire, dans une approche ethnologique.

Saint Mary représenté comme prêtre, à Roannes-St-Mary.

Puis il a recensé les sites concernés par saint Mary dans le Cantal et à l'entour, en écartant les autres saints homonymes...

Mont Journal.

Ainsi est-il possible d'apprécier comment s'est construite la légende du saint, depuis le Moyen-Age jusqu'à nos jours...

Un extrait de la Vie du saint, traduite du latin

La Vie de saint Marius prétend que le saint est contemporain du Christ (donc Ier siècle) ; mais elle le dit aussi compagnon d'Austremoine, lequel, on le sait aujourd'hui, a évangélisé une partie de l'Auvergne vers l'an 250. La seconde époque est préférable.

L'extrait :

Donc ce personnage, comme nous le savons par les écrits antérieurs, fut du nombre de ces disciples qui, après avoir vu le Seigneur Jésus présent en chair [et en os], suivirent à Rome les premiers des apôtres, Pierre et Paul, et devinrent, sous leur magistère, les ministres fidèles de la prédication divine. On rapporte que le Prince des Apôtres Pierre choisit et distingua quatre d’entre eux sur les témoignages d’une vertu confirmée et les envoya d’abord vers les territoires les plus proches de l’Italie ; qu’ensuite, quand ils eurent en ces lieux suffisamment prêché la parole de la foi, ils s’avancèrent jusque dans les Gaules et répandirent à travers elles ladite parole. On raconte qu’il avait consacré évêque le premier d’entre eux, nommé Austremoine ; qu’il lui avait attribué pour compagnons Nectère le prêtre et le diacre Mammet , ainsi que Marius , efficace et fidèle ministre de la parole de Dieu. C’est pourquoi, quoiqu’il ne fût pas encore mu par l’élévation de quelque office sacerdotal, le ministre de la prédication divine se montra cependant déjà digne du choix apostolique par l’Esprit Saint : car lui aussi abandonna le pays de ses pères , ses maisons et ses biens, ses connaissances, ses amis et ses parents pour contribuer avec empressement aux travaux apostoliques dans l’annonce et le témoignage de la foi, et annonça ladite foi aux nations étrangères, choisissant le même ministère que celui de l’Apôtre et les mêmes épreuves ; et il devint pour autrui un homme de dignité apostolique, lui qui, ayant suivi les apôtres, n’hésita pas à devenir un étranger pour les siens.

Quelques images de la présentation de l'ouvrage

Présentation en mai 2017 à l'occasion de l'assemblée générale de l'association Cantal Patrimoine

Mont Journal.

Mont Journal.

Mont Journal.

Présentation le 6 août 2017 à l'occasion du 10e anniversaire de la paroisse de Saint-Mary en Haute-Auvergne

Mont Journal. Mont Journal.

Mont Journal.

Mont Journal.

Mont Journal.

Mont Journal.



 

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